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mardi 11 janvier 2011

De l’Anti-Mites dans l’armoire à Mythes !

Mite : Petit papillon blanchâtre de la famille des teignes dont les larves rongent les étoffes et les fourrures. (Petit Robert)

Mythe :
Récit fabuleux, souvent d’origine populaire, qui met en scène des êtres incarnant sous une forme symbolique des forces de la nature, des aspects de la condition humaine. (Le Petit Robert)

Rangés dans l’armoire, les mythes sont menacés de sévères grignotages sur leurs belles étoffes de splendeur. Une pulvérisation d'anti-mites était donc nécessaire !

Des bienfaits actifs du mythe sur le corps :

Le mythe a des effets rajeunissant sur le corps car il nous rappelle combien le monde est ancestral et combien sa création fut longue et lointaine. On se sent alors comme un rossignol pimpant du XXIe siècle!
D'autre part, le mythe peut faire subir d'importants changements corporels, bien plus impressionnants qu'une mutation d'Hulk ou Spiderman! Musculature surdéveloppée pour Hercule, apparition de deux autres têtes à l'image de Cerbère, anthropomorphisme de tout poil... Un bonheur au quotidien, le mythe vous rendra exceptionnel le matin au réveil!



Des bienfaits du mythe sur l’esprit :

Le mythe, parce qu'il se présente comme explicatif d'une pratique sociale particulière, est une source de partage de différents vécus. A un âge qui peut être critique pour la transmission d'un adulte vers un jeune; le mythe permet d'aborder des thèmes fondateurs de manière détournée sans placer un jeune dans une position de simple récepteur d'une morale ou d'une vision sociale souvent mal vécue. 
Le mythe développe un autre imaginaire, rafraichissant l'esprit peuplé de nouveaux héros/héroïnes de dessins d'animations : quels Totally Spies, Bob l'éponge, et autres Simpsons pourraient gagner un combat contre un Persée, un Oreste, une Médée?

Des bienfaits du mythe dans le travail théâtral :

Si les références sont allées majoritairement aux classiques de la mythologie, il existe de nombreuses pièces contemporaines faisant appel aux ressources mythologiques. Dans le cadre d'un atelier théâtral on peut donc se pencher sur la pièce Incendies de W. Mouawad dont des échos à Oedipe, Antigone, Rémus et Romulus sont à trouver. L'actualité de la pièce porte particulièrement le sujet et peut être un bon point de départ pour aborder le mythe sans l'aspect "mité" qu'il détient parfois auprès des jeunes.
Bien d'autres auteurs contemporains seraient à citer dans le cadre d'un travail théâtral sur le mythe, vos propositions sont les bienvenues!
D'autre part, l'interêt du mythe dans la pratique théâtrale se reflète aussi par l'intégration au programme du baccalauréat théâtre de l'Agamemnon d'Eschyle, et l'on n'en n'est pas mécontent!

Enfin, pour clore ce billet tout simplement mythique, une référence pour approfondir le sujet : le numéro 114 de la revue Lecture Jeune consacré à la Tragédie (avec un dossier sur Koffi Kwahulé, sur le mythe de Médée et plein d'autres pépites!) : cliquez ici

Le mot de la fin : fi de délicatesse, contre les ravages des mites usons de splendides étoffes théâtrales pour sortir les mythes de l’armoire à classiques !


vendredi 17 décembre 2010

Choeur ou choralité?

     Coup d'œil sur la tragédie oblige, je me suis penchée sur le rôle du chœur grâce à l'excellent titre Le choeur dans le théâtre contemporain (1970-2000) aux Editions Universitaires de Dijon. Je le garde précieusement sous la main car il propose, en plus des bases théoriques, des études vraiment futées de pièces d'auteurs que j'affectionne (tel que Laurent Gaudé).

Bien installée avec une tasse de thé, j'étais prête à l'immersion théorique... Lorsque je pensais commencer en eaux douces par la lecture de l'introduction, Florence Fix et Frédéric Toudoire-Surlapierre (à l'origine de l'ouvrage) n'ont pas attendus pour venir me tirailler la conscience et l'assurance... Au détour de quelques phrases présentatives, une question  : quelle différence je faisais entre le chœur et le choral?

Toutes ces pièces que j'ai pu lire, dont j'ai pu savourer les "effets de choeur", la multiplication des voix dans le même énoncé.... Était-ce vraiment du chœur ou de la choralité à couvert? 


Et bien, surprise, le choeur tragique pourrait bien être en voie de disparition et l'héritage que l'on pense en avoir, être tronqué!  Alors, piqûre de rappel et éclaircissements en quelques mots pour remettre en place quelques idées!

La choralité est avant tout un phénomène de polyphonie, de dissonances, d'énonciation de discours pluriels.
Le chœur tragique est un énonciateur rituel. Il est souvent lié à une forme de phrasé-dansé (qui peut être revisité par les contemporains bien sûr). Le chœur subit une forme d'inaction par son rôle de commentateur et de prophète. Agit en tant "qu'humaine communauté".

Présentation succincte (je ne doute pas que tous ces points soient bien ancrés dans votre esprit) elle permet quand même de rappeler qu'il faut bien différencier les deux au quotidien.

Ne soyons pas négatifs, bien que fort divergents, le chœur et la choralité partagent au moins quelque chose : les fonctions.
En effet, tous les deux ont pour but de retarder l'action et d'inclure une temporalité différente de l'action principale. De même le chœur et l'effet choral prennent le même chemin pour s'exprimer : un langage souvent différent de celui des personnages (rythme, phrasé).


Maintenant, j'utiliserai de bon choeur l'expression "choralité" et avec prudence la notion de "choeur " qui tragiquement est terriblement plus exigeante!